La semaine dernière, le Stade Rennais a annoncé la création d’un loft avec plusieurs de ses joueurs sous contrat, catégorisés par le club comme « indésirables », à la suite de la défaite de mercredi soir en 16es de finale de la Coupe de France, qui entraîne son élimination, face à Troyes.
Le « loft » désigne ainsi une pratique controversée utilisée par certains clubs pour gérer des joueurs qu’ils considèrent alors comme indésirables. Cela peut être en raison de leurs performances, leurs comportements ou encore de leur coût financier.
Les joueurs concernés sont donc placés à l’écart du groupe principal, ils sont généralement isolés des entraînements et leur participation aux activités collectives du club sont limitées.
Un loft possède donc plusieurs caractéristiques pour être considérés comme tel.
D’abord, il doit y avoir une séparation du groupe principal. En effet, les joueurs concernés ne s’entraînent pas avec le reste de l’équipe. Ils peuvent avoir des horaires d’entraînement différents ou être cantonnés à des séances individuelles.
Ensuite, le loft reflète un objectif implicite. La pratique vise souvent à encourager ces joueurs à accepter un départ du club, que ce soit sous forme de prêt, de transfert, ou de résiliation de contrat.
Puis, un loft va créer un impact psychologique. Être mis dans un loft peut avoir un effet démotivant et stigmatisant pour les joueurs, car cela les écarte de manière significative de la vie de groupe et de la compétition.
Enfin, le loft est sujet d’une controverse juridique et éthique. En France, cette pratique est souvent critiquée pour être contraire au droit du travail. Le contrat d’un joueur professionnel suppose un accès aux mêmes installations et opportunités d’entraînement que ses coéquipiers. L’isolement peut être interprété comme une forme de discrimination ou d’harcèlement moral.
L’Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP) dénonce régulièrement ces pratiques et rappelle que les clubs ne peuvent pas créer de différences de traitement injustifiées.
Ainsi, le loft est une méthode de gestion des effectifs qui peut être juridiquement fragile et éthiquement discutable. Cette méthode illustre les tensions entre les clubs, qui cherchent à optimiser leur effectif, et les joueurs, qui revendiquent leurs droits contractuels et professionnels.
Ainsi, le Stade Rennais a annoncé, jeudi 16 janvier 2025, la mise en place d’un loft pour certains joueurs sous contrat. Ces derniers s’entraîneront à l’écart du groupe dirigé par Jorge Sampaoli, entraîneur du club, dans l’attente de trouver une solution lors du mercato hivernal. Quatre joueurs seraient concernés par cette décision de la direction sportive, menée par Frédéric Massara. Il s’agirait notamment de Baptiste Santamaria et du gardien Gauthier Gallon, ce dernier se déclarant ouvert à un départ en raison de l’arrivée de Brice Samba au club durant ce mercato.
Le Stade Rennais, désormais concentré uniquement sur le championnat de Ligue 1 après son élimination en Coupe de France face à Troyes, a pris cette décision controversée pour tenter d’améliorer la situation et de provoquer une réaction au sein de l’équipe. Cette mesure forte s’inscrit dans le discours du président Arnaud Pouille, qui, dans une interview accordée à Ouest-France, déclarait : « Si les joueurs n’ont pas compris qu’il y a un état d’urgence, il faut qu’ils le comprennent vite. Cela veut dire être à l’heure, respecter les obligations du club. Il y a des droits, mais aussi pas mal de devoirs. Il faut vite rebrancher les fils et arrêter de croire que c’est le Club Med ! » Il a également rappelé que « dans tous les contrats, qui sont plutôt bien faits ici, il y a une prime d’éthique associée aux salaires, et l’éthique est liée au respect du club et du maillot ».
La mise en place de ce loft pourrait également permettre au Stade Rennais de se montrer plus actif sur le marché des transferts d’ici la fin du mercato, fixée au 3 février 2025 en France, et de trouver des solutions durables pour rééquilibrer son effectif.
Cette décision s’explique aussi par la situation sportive préoccupante du club. Enchaînant les mauvais résultats, le Stade Rennais peine à remonter au classement de Ligue 1, où il occupe actuellement la 14e place. Le club breton tente donc de déployer toutes les solutions possibles pour sortir de cette spirale négative.
Bien que récente, la mise en place du loft a déjà eu des effets concrets : Baptiste Santamaria est actuellement en discussions avancées avec l’OGC Nice pour un prêt assorti d’une option d’achat.
Ainsi, la mise en place du loft par le Stade Rennais illustre une stratégie radicale pour gérer les joueurs indésirables, dans un contexte de pression sportive et institutionnelle. Bien qu’efficace à court terme, cette pratique soulève des interrogations éthiques et juridiques, tout en reflétant l’urgence ressentie par le club pour redresser sa situation.
Dès le lendemain de l’annonce, soit le 17 janvier 2025, l’Union Nationale des Footballeurs Professionnels (UNFP) a publié un communiqué intitulé « Rennes s’offre le luxe d’un loft illégal ! », dénonçant fermement la décision du Stade Rennais de créer un loft pour isoler certains joueurs sous contrat.
L’UNFP souligne que cette pratique est en violation des dispositions conventionnelles interdisant la mise à l’écart des joueurs, des engagements contractuels et de l’obligation de loyauté entre les parties. De plus, le syndicat rappelle que des décisions de justice récentes ont qualifié de telles mises à l’écart de harcèlement moral. L’UNFP mentionne également une enquête pénale en cours, faisant suite à une plainte déposée par le syndicat concernant ces pratiques assimilées à de l’extorsion et du harcèlement.
En conséquence, l’UNFP exige la fermeture immédiate du loft rennais, dénonçant une méthode indigne et inacceptable dans le cadre professionnel du football. Le communiqué souligne que l’élégance d’un club se mesure à la manière dont il traite ses joueurs, et non par son budget ou ses ambitions sportives. Pour renforcer ce point, l’UNFP cite une créatrice de mode : « L’élégance n’est pas le luxe, c’est l’attitude ».
Ce type de situation est régulièrement critiqué par l’UNFP, qui lutte pour que les droits des joueurs soient respectés, notamment dans des contextes où des décisions sportives ou économiques poussent les clubs à marginaliser certains membres de leur effectif. Le cas du Stade Rennais s’inscrit dans une pratique jugée récurrente mais illégale, contre laquelle le syndicat s’engage à prendre des mesures fermes.
Le communiqué conclut en exhortant les instances dirigeantes du football français et les autorités compétentes à intervenir rapidement pour garantir le respect des règles et des droits des joueurs professionnels.
La mise en place d’un loft par le Stade Rennais illustre les tensions persistantes entre les nécessités de gestion sportive et les obligations légales et éthiques des clubs. Bien que cette pratique puisse offrir des solutions à court terme pour restructurer un effectif, elle reste juridiquement fragile et soulève de vives critiques. L’intervention rapide de l’UNFP met en lumière l’importance de garantir un équilibre entre les droits des joueurs professionnels et les stratégies adoptées par les clubs pour répondre à leurs enjeux sportifs et économiques.